Archives de Catégorie: Citations

Des personnes célèbres et que j’apprecie l’on dit, les voici.

Vers une fontaine

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Chapitre XXIII

– Bonjour, dit le petit prince.

– Bonjour, dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.

– Pourquoi vends-tu ça? dit Le Petit Prince.

– C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.

– Et que fait-on des cinquante-trois minutes?

– On fait ce que l’on veut…

« Moi, se dit Le Petit Prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… »

L’ami(e)

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La sensibilité est une disposition à l’ouverture, à l’accueil de ce qui peut advenir; elle est une porte qui ne dit en fait que la possibilité que l’on a de l’ouvrir mais rien du lieu où l’on entrera. Entre l’amour et l’amitié, tant d’aspérités semblent incliner  notre être tantôt vers l’autre que, le plus souvent, on ne sait pas ce don notre sentiment est empreint, mais il est là, intense, souverain. Et il devient inutile de tenter de nommer, d’identifier ce qui cherche à demeurer innommé.

Comment définir de manière satisfaisante les mots je t’aime?

Comment désigner toutes les nuances, les degrés de lumière et de gris entre l’amour et l’amitié? Comment percevoir les aspérités du visible et lire jusqu’ à l’invisible?

Le feu de la transformation ne peut être traversé que dans la solitude. Mais si elle seule m’apprend à comprendre et à abandonner mes peurs, l’Ami(e) surgit au moment ou je voudrais relâcher l’étreinte fragile et céder au vide, me tend la main, murmure quelques mots, pose sa tête sur l’oreiller froid, coupe le pain, recueille les doutes , les vastes tristesses, ne dit rien et cela suffit, Tout est là, au plus près, au plus creux des bras, au cœur des jours, et je découvre l’amitié comme le plus précieux des liens. Je regarde l’Ami(e) qui ouvre portes et fenêtres de la maison et soudain je sais : j’ai traversé le feu.


Je ne peux pas abandonner renoncer à atteindre l’autre rive. – je ne suis pas seule. L’Ami(e) m’accompagne, ne me quitte pas des yeux, ne me quitte pas du cœur, Tend comme une main, la passerelle entre les rives, pointe du doigt l’invisible lueur, touche la douleur et l’apaise.

Ils sont deux, ils sont quatre puis six, ils témoignent de l’éclaircie qui peut émerger de l’obscurité, du mouvement qui traverse l’invisible; bientôt ils seront plus de quinze autour de la table ou l’on célébrera le recommencement de la vie, les printemps toujours possibles.

L’amitié permet de préserver le léger à travers la gravité. Et si je n’occulte pas les dons qui me sont offerts à travers la douleur, je vois l’Ami(e) qui m’apprend ce que j’ignorais encore de l’amour.

Je ne sais pas le chemin – on ne sait rien des chemins, mais à mes cotés quelqu’un m’invite à avancer.


Hélène Dorion – L’étreinte des vents – Les presses de l’Université de Montréal

La pointe d’aiguille du présent

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Des vents forts secouent le paysage. Bientôt on ne distinguera ni le ciel ni la mer, on ne pourra dire voilà, c’est le ciel, voilà c’est la mer.
Je m’assoie devant la fenêtre. Je regarde cette vie qui trouble la vie, la transforme pour qu’elle s’agrandisse. Le temps passe. A nouveau je retrouve l’exacte sensation du temps suspendu au-dessus de mes pas. Je tiens sur la pointe d’aiguille du présent. Il n’y a ni passé ni futur, juste cette présence à laquelle je peux accéder, ce royaume de possibles. Tout est là, au bout de mes doigts, de mon âme, le plus petit instant contient l’univers entier, sa force et sa vulnérabilité.

Manger, dormir. Aller vers le vivant, vers l’aube qui perce le ciel, laisser le vent effleurer doucement ma peau, écouter le silence qui remue. Recommencer. Ne pas refuser la vie mais plutôt choisir chaque mouvement. Ne pas renoncer à la quête de l’Autre, mais ne pas s’y perdre pour autant. Ne pas chercher un abri- qui ne serait jamais qu’illusoire et signifierait la mort, sous diverses formes, mais entrer plutôt dans le noyau même de la vie qui peu encore s’ouvrir.

Je ne peux abandonner, laisser se refermer les innombrables chemins qui sont autant de potentialités devant moi. Je ne peux renoncer à atteindre le rivage.
Dans un monde de matière nommé réalité et fondé sur d’incessantes mutations, la mort – à travers ses diverses figures – est l’accomplissement de la transformation. Elle est aussi incontournable que le cours du fleuve, aussi nécessaire que la vie même.
Le temps s’est arrêté. Il n’y a plus d’histoire. Plus d’expérience. Tout devient un vaste champ d’énergie qui nous rappelle que le monde, loin de n’être que ce que nous en percevons, constitue plutôt un  »flux continu » en état de changement constant.

Hélène Dorion  – L’étreinte des vents P U M

Chambre avec vues

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Philip Bloom
A room with a view: 1 year of timelapses from hotels
Une chambre avec vues: 1 an de prises de vue depuis des hôtels


Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants.

Gaston Bachelard, L’intuition de l’instant

Incompréhensions

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C’est cela le chemin difficile, incompréhensif, rebutant : renoncer à soi-même quand on n’avait que cela à offrir.
Michèle Mailhot

 

 

 

 

 

 

 

«Le chemin est facile pour aller vers soi, c’est renoncer à soi qui est difficile bien sûr, mais aussi parce que ce n’est pas un chemin. Si c’est difficile, incompréhensif, rebutant, autant ne pas y aller 😉
Vivre c’est comme respirer, c’est tellement plus simple.»

La Forêt

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Relaxation Sounds of the Forest (Extended)– thème sur la forêt

 

 

 

 

 

L’amitié, se pratique dans la plus grande modération d’action,

comme lorsque tu traverses une forêt, ce qui est important,

ce n’est pas ce que tu vas y voir, y faire.

Le plus important

c’est de laisser le moins de traces possible de ton passage.

Ainsi se veut mon amitié, respecter l’autre pour ce qu’il veut être,

et n’y rien ajouter qu’il veuille te prendre de son gré.

Un bon ami doit savoir me voler, car je ne lui donnerai rien.

 

Je suis l’ami qui se terre dessous les feuillages des chênes,

l’ami qu’on ne voit pas ou très furtivement,

celui que l‘on croit toujours absent,

mais qui ne l’est pas.

 

Ron Uribe