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L’ami(e)

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La sensibilité est une disposition à l’ouverture, à l’accueil de ce qui peut advenir; elle est une porte qui ne dit en fait que la possibilité que l’on a de l’ouvrir mais rien du lieu où l’on entrera. Entre l’amour et l’amitié, tant d’aspérités semblent incliner  notre être tantôt vers l’autre que, le plus souvent, on ne sait pas ce don notre sentiment est empreint, mais il est là, intense, souverain. Et il devient inutile de tenter de nommer, d’identifier ce qui cherche à demeurer innommé.

Comment définir de manière satisfaisante les mots je t’aime?

Comment désigner toutes les nuances, les degrés de lumière et de gris entre l’amour et l’amitié? Comment percevoir les aspérités du visible et lire jusqu’ à l’invisible?

Le feu de la transformation ne peut être traversé que dans la solitude. Mais si elle seule m’apprend à comprendre et à abandonner mes peurs, l’Ami(e) surgit au moment ou je voudrais relâcher l’étreinte fragile et céder au vide, me tend la main, murmure quelques mots, pose sa tête sur l’oreiller froid, coupe le pain, recueille les doutes , les vastes tristesses, ne dit rien et cela suffit, Tout est là, au plus près, au plus creux des bras, au cœur des jours, et je découvre l’amitié comme le plus précieux des liens. Je regarde l’Ami(e) qui ouvre portes et fenêtres de la maison et soudain je sais : j’ai traversé le feu.


Je ne peux pas abandonner renoncer à atteindre l’autre rive. – je ne suis pas seule. L’Ami(e) m’accompagne, ne me quitte pas des yeux, ne me quitte pas du cœur, Tend comme une main, la passerelle entre les rives, pointe du doigt l’invisible lueur, touche la douleur et l’apaise.

Ils sont deux, ils sont quatre puis six, ils témoignent de l’éclaircie qui peut émerger de l’obscurité, du mouvement qui traverse l’invisible; bientôt ils seront plus de quinze autour de la table ou l’on célébrera le recommencement de la vie, les printemps toujours possibles.

L’amitié permet de préserver le léger à travers la gravité. Et si je n’occulte pas les dons qui me sont offerts à travers la douleur, je vois l’Ami(e) qui m’apprend ce que j’ignorais encore de l’amour.

Je ne sais pas le chemin – on ne sait rien des chemins, mais à mes cotés quelqu’un m’invite à avancer.


Hélène Dorion – L’étreinte des vents – Les presses de l’Université de Montréal

Incompréhensions

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C’est cela le chemin difficile, incompréhensif, rebutant : renoncer à soi-même quand on n’avait que cela à offrir.
Michèle Mailhot

 

 

 

 

 

 

 

«Le chemin est facile pour aller vers soi, c’est renoncer à soi qui est difficile bien sûr, mais aussi parce que ce n’est pas un chemin. Si c’est difficile, incompréhensif, rebutant, autant ne pas y aller 😉
Vivre c’est comme respirer, c’est tellement plus simple.»