Archives de Tag: lumière

Perception

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gouttes

L’émotion de la goutte d’eau, qui glisse en s’étirant sur la nervure d’une feuille d’eucalyptus, elle serpente et rencontre une autre goutte venue par un autre chemin.

 
Elles fusionnent dans un baiser de reconnaissance qui les avale d’un seul coup, une émotion qui va grossissant comme à éclater, une poignée de lumière verte qui passe au travers comme un faisceau de flèches, qui vient toucher un de mes yeux, le toucher à le mouiller, un jet de lumière minuscule et humide et l’émotion qui va grossissant…et la goutte qui chute dans le vide, juste sur un de mes pieds, si légère mais pas assez pour n’être point perçue… 

 
Un escargot qui passait à quelques centimètres et qui prit sans doute quelques « minusculaires » éclaboussures sur ses cornes-doigts, comme un éblouissement….

Ron, http://desmotsetduslience.eklablog.fr/poesie-sans-poete-c681566

Nous aurons

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Saurons-nous renoncer au connu pour aller vers les promesses que notre cœur pressent


Nous aurons des corbeilles pleines
De roses noires pour tuer la haine
Des territoires coulés dans nos veines
Et des amours qui valent la peine

Nous aurons tout ce qui nous manque
Des feux d’argent aux portes des banques
Des abattoirs de millionnaires
Des réservoirs d’années-lumière

Nous aurons des corbeilles pleines
De roses noires pour tuer la haine
Des territoires coulés dans nos veines
Et des amours qui valent la peine

Nous aurons tout ce qui nous manque
Des feux d’argent aux portes des banques
Des abattoirs de millionnaires
Des réservoirs d’années-lumière

Et s’il n’y a pas de lune
Nous en ferons une.

Ciel du soir

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Le ciel du soir,
muni de son pinceau de fraicheur,
étale les couleurs de l’arc-en-ciel.
Les grillons démarrent leurs chants.
Les fleurs resserrent leurs pétales
et bordent leurs pistils
pour la nuit.
Les papillons de nuit déplient
leurs ailes, et s’envolent déjà
à la recherche d’une source
de lumière et de chaleur.
Les oiseaux et les écureuils
regagnent leurs nids.
Les chauve-souris entament
leurs danses de chasse.

Quelques limaces et escargots
sortent de dessous les dernières
feuilles mortes de l’hiver.

Le dernier envol
d’un groupe de canards
pointe la direction du nord.
Mon baillement me rappelle
qu’il se fait tard…
Je salue d’un dernier regard l’horizon…

La pointe d’aiguille du présent

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Des vents forts secouent le paysage. Bientôt on ne distinguera ni le ciel ni la mer, on ne pourra dire voilà, c’est le ciel, voilà c’est la mer.
Je m’assoie devant la fenêtre. Je regarde cette vie qui trouble la vie, la transforme pour qu’elle s’agrandisse. Le temps passe. A nouveau je retrouve l’exacte sensation du temps suspendu au-dessus de mes pas. Je tiens sur la pointe d’aiguille du présent. Il n’y a ni passé ni futur, juste cette présence à laquelle je peux accéder, ce royaume de possibles. Tout est là, au bout de mes doigts, de mon âme, le plus petit instant contient l’univers entier, sa force et sa vulnérabilité.

Manger, dormir. Aller vers le vivant, vers l’aube qui perce le ciel, laisser le vent effleurer doucement ma peau, écouter le silence qui remue. Recommencer. Ne pas refuser la vie mais plutôt choisir chaque mouvement. Ne pas renoncer à la quête de l’Autre, mais ne pas s’y perdre pour autant. Ne pas chercher un abri- qui ne serait jamais qu’illusoire et signifierait la mort, sous diverses formes, mais entrer plutôt dans le noyau même de la vie qui peu encore s’ouvrir.

Je ne peux abandonner, laisser se refermer les innombrables chemins qui sont autant de potentialités devant moi. Je ne peux renoncer à atteindre le rivage.
Dans un monde de matière nommé réalité et fondé sur d’incessantes mutations, la mort – à travers ses diverses figures – est l’accomplissement de la transformation. Elle est aussi incontournable que le cours du fleuve, aussi nécessaire que la vie même.
Le temps s’est arrêté. Il n’y a plus d’histoire. Plus d’expérience. Tout devient un vaste champ d’énergie qui nous rappelle que le monde, loin de n’être que ce que nous en percevons, constitue plutôt un  »flux continu » en état de changement constant.

Hélène Dorion  – L’étreinte des vents P U M

Lullaby

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Chuchotons des mots

doux à nos enfants,

Chantons des berceuses

sereines chaque soir,

Bordons-les

remplissant leurs lits de rêves

et de tout l’amour

que nous avons pour eux,

pour que dans leurs matins, ils s’éveillent et puissent vivre pleinement.

Et ça j’y crois, qu’ils puissent garder la lumière en eux

Car ils ont déjà cette flamme, nos enfants.

Tout ce que nous avons à faire c’est de ne pas l’éteindre, jamais.

Et puis d’une bougie on peut en allumer plusieurs.


Lullaby, pour Tapale