Archives de Tag: vœu

L’arbre qui crée

Par défaut

Un jour, un homme était en voyage et par hasard il arriva au paradis. Dans la conception indienne du paradis, il y a des arbres qui accomplissent tous les vœux, Kalpatarus. Vous vous asseyez sous l’un d’eux, le temps de désirer quelque chose et immédiatement votre souhait se réalise; il n’y a pas d’intervalle entre le désir et son accomplissement. Vous pensez et immédiatement cela est créé ; la pensée se réalise automatiquement. Ces Kalpatarus ne sont rien d’autre que le symbole du mental. Le mental est créatif, créatif avec ses pensées.

L’homme était fatigué et il s’endormit sous un arbre magique. Lorsqu’il s’éveilla il avait très faim. « J’aimerais bien trouver quelque nourriture » et immédiatement, venue de nulle part et flottant dans les airs, une nourriture apparut, une délicieuse nourriture; il se mit aussitôt à manger. Une fois rassasié, une autre pensée lui vint; « Si seulement je pouvais avoir quelque chose à boire… » et comme la prohibition n’existe pas au paradis, immédiatement un vin délicieux apparut.

En buvant son vin dans la fraîche brise du paradis, à l’ombre de l’arbre, il commença à s’interroger: « Qu’est-ce qui se passe ? Suis-je en train de rêver ou y a t’il des fantômes autour de moi qui me jouent des tours ? » … et les fantômes apparurent ! Ils étaient féroces, horribles, écœurants. Il se mit à trembler et une pensée lui traversa l’esprit: « Je suis sur que je vais être tué, ils vont m’assassiner » et il le fut.

Osho

Publicités

L’oiseau des sables

Par défaut

illustration Stephane Poulin (…)

J’ai tout raconté à mon père, un homme de peu de paroles qui savait écouter. Il m’a pris par la main et nous avons marché sur la plage.

Je me rappelle encore le tumulte des vagues et les prouesses du vent. Mais mon meilleur souvenir, c’est simplement papa, marchant à côté de moi.

Nous habitions une grande île fouettée par de formidables marées et incendiée par des soleils éblouissants. L’île abritait un phare, une tour lumineuse, comme un flambeau dans la nuit pour guider les pêcheurs égarés.

C’est au pied du phare que mon père trouva la fleur de sable. On aurait dit un simple coquillage, ou peut-être un caillou, tatoué de pétales sombres et extraordinairement léger.

J’examinai longuement l’étrange objet. Puis sans m’avertir, papa émietta la fleur entre ses doigts. Cinq minuscules oiseaux s’en échappèrent. De toutes petites colombes de pierre. Ou peut-être étaient-ce des aigles blancs?

-«Tiens, c’est à toi,» déclara mon père d’une voix solennelle. «Cinq oiseaux. Chacun d’eux pourra exaucer un de tes vœux.»

Papa me dit ensuite:

-«Pour que ton vœu se réalise, tu devra marcher jusqu’à la mer ou jusqu’à un cours d’eau filant vers l’océan, et y lancer ton oiseau.»

Il fit une pause puis ajouta:

-«Prends le temps de bien réfléchir. Fouille en toi. Pour trouver l’essentiel. Le plus important.»

J’ai fait mon premier vœu.

L’oiseau des sables, Dominique Demers, Stéphane Poulin.